| Omar Mazri - Islam : Théologie, Mystique et Praxis |
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Pour le musulman dire "Je crois en Dieu" signifie " je suis totalement soumis à Dieu (mouslim)". Cette attestation de foi est la soumission du cœur, de la parole, du comportement et des actes du croyant à Dieu. {C'est Moi Allah: point de divinité que Moi. Adore - Moi donc et accomplis la Prière pour te souvenir de Moi.} Taha 14 Elle est en même temps libération du Taghout. Le Taghout est tout ce qui est adoré à côté de Dieu ou en remplacement de Dieu. Se soumettre au Taghout est négation de la foi et du monothéisme {La guidée et la déviance se sont clairement dissociés.Et celui qui ne croit pas au Taghout et croit à Allah, il s'est certes accroché a l'anse ferme inébranlable.} Al Baqara - 256 Sur le plan cultuel, la foi en Dieu impose la Salât (oraison), la Zakat (le devoir du possédant envers le faible), le Sawm (le jeune) et le Hadj (le pélérinage) comme socle sur lequel construire un édifice civilisationnel. Les actes cultuels en islam ne sont pas seulement méditation ou contemplation dans une mosquée mais soumission à Dieu dans le sens où l'acte cultuel est une mise en potentiel de la charge spirituelle pour la transformer en énergie créatrice au service du bien. Toute énergie positive est ensuite transformée en potentiel spirituel pour donner du sens à l'action au delà de l'immédiateté et de la limite de l'étendue de l'espace. Je suis Abd ne signifie pas je suis esclave ou serviteur de Dieu comme on le trouve dans la terminologie courante en langue française. Je suis Abd signifie dans une première lecture je suis en adoration exclusive de Dieu. La soumission est celle de l'adorateurpour son adoré. La seconde lecture est celle que la langue arabe donne dans une lecture symbolique de l'adoration, de la soumission ou de la servitude de l'homme envers Dieu. Abd viendrait de Abada. Abada est le terme utilisé pour désigner les travaux de terrassement d'une route ou d'une plateforme destinée à supporter un édifice lourd et elevé. C'est aussi le terme désigné pour signifier les travaux d'aplanissement des monticules. La dévotion Ibada est réellement la soumission qui transforme l'ego à la fois comme chemin pour véhiculer le message de l'islam, le logos divin. Ibn al Jawzi a été bien inspiré en disant que l'islam " est le chemin que l'on parcourt avec le coeur et non avec les pieds". Elle transforme aussi l'ego en socle qui va s'affacer en s'affaissant devant la grandeur de Dieu pour devenir un socle destiné à porter un projet de civilisation et qui fait de lui un civilisateur. Le musulman est l'élan du coeur, l'aspiration de l'âme à s'élever en se prosternant, en devenant humble et soumis. Elle transforme l'égo en véhicule qui sillone les chemins de la foi et de la vertu pour aller à l'essentiel, au sens,au vrai, au beau et au juste. Véhicule il doit contourner les obstacles et dans certaines circonstances les affronter pour avancer et briser les résistances des oppresseurs, des ennemios, des insouciants, des défaitistes et des négateurs. {Qui est meilleur en religion que celui qui soumet à Allah son être, tout en se conformant à la Loi révélée et suivant la religion d'Abraham, homme de droiture? Et Allah avait pris Abraham pour ami privilégié.} an nissa 125 La colonne vertébrale de l'Islam est la Salat, l'autorourte de la dévotion est la prière, son dynamisme est l'invocation. La Salat comme prosternation est la traduction spirituelle et comportementale de la signification de Abd. Elle est par essence acquittement de l'oraison comme un droit de Dieu sur l'homme et un devoir de l'homme envers Dieu : {Certes, la Salat est pour les croyants un décret à respecter dans les temps prescrits} La prière ne peut se résumer à des formules que l’on récite. Elle ne se confine pas au seul aspect spirituel et métaphysique, pourtant primordial sur le plan religieux, mais elle ordonne de s'ouvrir à la vie sociale, à l'éthique sociale et à la morale individuelle : { Certes la prière interdit la turpitude et le blâmable mais le rappel de Dieu est plus grand} La prière n'est pas soumission à l'ordre établi inique, résignation devant le fait accompli ou fatalité devant un destin arbitraire mais une incitation à la résistance et à la lutte : {Et cherchez secours dans l'endurance et la Salât} al baqara 45 {Je prends le temps à témoin : l’homme court à sa perte, hormis ceux qui croient, pratiquent les bonnes œuvres, se recommandent mutuellement la droiture et se recommandent mutuellement l’endurance !} al âasr Cet édifice spirituel qui lie l'homme à Dieu tout en liant l'homme à ses devoirs envers la cité des hommes a plus de soixante dix branches d'expression de la foi selon le hadith du Prophète (saws) de la foi. L'expression la plus simple consiste à enlever toute nuisance sur le passage des gens et la plus haute consiste dans le Jihad pour la cause de Dieu. La pudeur est une branche de la foi musulmane, elle constitue la moitié de la foi. La fraternité est aussi la foi. Dans la paresse et la décadence qui caractérise le monde musulman il n'y a que quelques branches de la foi qui sont mises en relief et ce d'une manière superficielle et imparfaite. Toute la problématique de la renaissance musulmane est dans la réappropriation de cet islam vivant qui s'exprime dans tous les registres de l'existence pour libérer l'homme et faire de lui l' avant-garde du progrès moral et social : {Puissiez-vous former une communauté qui prêche le bien, ordonne ce qui est convenable et interdise ce qui est répréhensible. Ce sont ceux qui agissent ainsi qui seront les bienheureux !} Al-i'Imran - 104. La préférence n'est ni raciale comme la prétention à être un peuple élu par Dieu au delà du droit. Elle s'inscrit dans l'engagement à faire le bien pour l'humanité. Elle ne peut se contenter de la foi dans le coeur ou dans le temple mais elle doit être agissante dans la cité des hommes contre l'oppression : {Vous êtes la meilleure communauté qui ait jamais été donnée comme exemple aux hommes. En effet, vous recommandez le Bien, vous interdisez le Mal et vous croyez en Dieu. Si les gens des Écritures voulaient croire, cela ne tournerait qu’à leur avantage. Mais il y a parmi eux si peu de croyants, alors que la plupart d’entre eux sont des pervers.} La meilleure communauté a obligation de porter assistance aux faibles et aux opprimés quelque soit leur religion, leur langue et leur ethnie : {Dieu prendra toujours la défense de ceux qui ont la foi, car Dieu n’aime pas les traîtres ingrats. Le Jihad pour la cause de Dieu c'est l'élévation morale et spirituelle et la libération de tout ce qui aliène la liberté de l'homme, la défense de la foi, la sauvegarde des droits moraux et matériels des hommes, l'assistance aux opprimés quelque soit leur langue ou leur religion. L'Islam dans sa vocation de Jihad est théologie de libération des opprimés. Ceci n'est pas un point de vue théorique mais une conviction de foi, une certitude. Le comportement des musulmans ne doit pas nous faire oublier l'écart du comportement de ces musulmans et la déclaration de foi de l'Islam. C'est cet écart qui explique la décadence, la colonisabilité et le sous-développement du monde musulman. Les musulmans ont transformé leur foi en routine sociale sans dimension spirituelle et sans vocation à agir pour se transformer et transformer son être ontologique et son environnement social et politique. Si la dimension spirituelle est présente elle ne s'investit pas dans le champ social, politique et culturel. Elle ne s'inscrit pas dans un acte civilisateur. La soumission à Dieu doit libérer l'homme de la soumission au Taghout. {Quiconque désavoue le Tâghoût tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est entend et sait parfaitement toute chose.} al baqara 256 D'après la langue arabe, le mot « Taghout», prend sa racine du mot toghiane, ce qui signifie transgresser, dépasser les limites. Le lexique islamique consacre la signification du « Taghout» à tout être ou objet qui dépasse les limites de son statut naturel, puis se fait attribuer directement ou indirectement un droit exclusivement réservé à Dieu. Le mot Taghout dérive aussi du verbe "tagha" qui signifie se comporter en despote, en tyran, en pouvoir absolu. Tout est relatif et réversible seul Dieu est immuable, absolu. Tout tyran se place à l'égal de Dieu dans ses attributs de pouvoir absolu. Il est à combattre sinon à nier pour que la foi reste pure. {Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, (pour leur dire) : " Adorez Allah et écartez-vous du Tâghoût" } an nahl 36 Le Taghout est donc toute idole adorée à la place de Dieu. Le Taghout prend des formes diverses : pouvoir, culte de la personnalité, nationalisme sectaire, positivisme athée, violence du sexe et de la drogue, pouvoir despotique des médias, dictature de classe, fétichisme de l'argent, idéologie négatrice de l'homme et de la foi, matérialisme... L'Islam théologie de libération est initiation puis obligation à agir pour réaliser la libération de l'homme aliéné du Taghout aliénant. La libération du Taghout incarné dans un fétiche, un totem, une idée, une personne ou un pouvoir, celui de l'autorité, de l'argent, de la drogue, du spectacle, du colonisateur ou du sexe, est un des chemins les plus importants de l'Islam. Ce chemin construit un processus de libération de l'homme qui doit conduire l'homme à la liberté. La liberté de dire et de faire en harmonie avec sa nature humaine et dans le respect de la liberté des autres même s'ils ne partagent pas les mêmes convictions et à condition qu'ils n'exercent pas une tyrannie ou une voie de fait contre nos personnes, nos biens, nos idées, nos valeurs et notre foi. La liberté est un mot absent dans le lexique coranique mais sa signification est présente d'une manière subtile eu égard à la complexité philosophique de cette notion et à son galvaudage par les religions, les idéologies et les cultures. Dans le langage coranique elle signifie la non contrainte. Toute contrainte psychologique, policière, économique, militaire, médiatique est une atteinte à la dignité de l'homme. La dignité de l'homme et la justice sociale sont les garants de la liberté. La liberté est cette capacité humaine de choisir ou de renoncer en assumant ses responsabilités par opposition à la nature soumise aux lois de Dieu et assujettie aux besoins de l'homme. L'homme en lui-même ne répond à aucune nécessite. Il est soumis à Dieu et au devoirs qui en découlent sur le plan moral, social et politique non par contrainte mais par liberté, par vocation. Toute la création est en prosternation soumise à la volonté de Dieu sauf l'homme qui peut ou non se prosterner selon sa volonté et sa conception de la liberté de croire ou de ne pas croire : {Ne vois-tu pas que devant Dieu se prosternent tous ceux qui sont dans les Cieux, tous ceux qui sont sur la Terre, ainsi que le Soleil, la Lune, les étoiles, les montagnes, les arbres, les animaux et une grande partie des hommes?} Al-Hajj -18.L'Islam ne peut donc se confiner dans l'intimité du cœur et être ce que beaucoup en Europe et dans le monde arabe veulent qu'il soit : un islam "bouddhiste" ou un islam représenté par des croyants "boudhisant" : contemplation, méditation, spiritualité sans action, sans prise de position, sans luttes sociales, sans résistance politique et sans combat militaire contre l'oppression et la dictature. Religion à la dimension humaine l'islam ne se confine pas à une vision unilatérale de la résistance. Le temps, le lieu et les circonstances de l'oppression donnent liberté à l'homme de décider de la nature du combat à livrer : non-violence, désobéissance civile, violence armée... Cette liberté est subordonnée à la sauvegarde de l'intérêt généra, du primat dans l'agencement des priorités et du rapport nuisance et avantage dans l'exercice d'une action au lieu d'une autre. La résistance ne peut se déboiter de l'exercice du devoir du musulman à exercer son Vicariat en défendant sa dignité humaine, religieuse, sociale, intellectuelle et politique. La soumission à Dieu a pour corollaire la mission à destination du monde et de l'humanité pour exprimer la vocation de l'homme, celle du Vicariat qui consiste à exercer sa responsabilité humaine sur la terre assujettie à l'homme, et défendre sa dignité intrinsèque que lui confère l'Honorificat originel celle d'être une créature créée par les Mains de Dieu, portant le Souffle de Dieu et honoré par Dieu : {Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons portés sur terre et sur mer. Nous leur avons procuré d’agréables nourritures. Nous leur avons donné la préférence sur beaucoup d’autres de Nos créatures.} Al-Isra - 70. Nous sommes honorés par notre compétence humaine à être libre, intelligent, parlant, agissant, imaginant, mobile, indépendant et rivalisant d'actions de bien et de beauté pour soi, pour autrui et pour Dieu. Dans le cadre de cette compréhension de l'Islam qui est celle du consensus des compagnons du Prophète et des savants libres de tout pouvoir, je suis donc porté vers une lecture coranique qui libère l'homme de toute aliénation. La foi en Dieu est libération de tous les mythes. Elle est une exigence de libération pour soi et pour autrui pour exprimer le talent que l'homme porte en lui et qui s'exprime dans l'amour du bien, du vrai et du beau. Le Coran est la vérité. Ma lecture du Coran ne peut être considérée comme la vérité mais un fragment de vérité que mon background intellectuel, affectif, spirituel et moral cerne à travers l'examen des faits, des phénomènes et de ma propre expérience. Je suis convaincu sur un plan méthodologique que l'Islam apporte la démarche intellectuelle et la vision du monde pour comprendre l'homme, l'histoire et le monde. Je suis également convaincu que le marxisme, libéré du dogmatisme stalinien et trotskyste est un effort intellectuel humain qui appartient à toute l'humanité et qui apporte une méthodologie d'étude et de luttes en matière sociales et politiques. Il mérite d'être considéré à sa juste valeur. Musulman je suis opposé à la négation de Dieu, à la dénégation de l'islam et à toute forme d'oppression mais je ne suis pas opposé aux théories ni aux méthodes d'analyses qui permettent d'apporter des éclairages supplémentaires pour appréhender la vérité et maitriser la réalité pour agir sur les phénomènes sociaux et politiques. Mohamed (saws) envoyé comme miséricorde pour l'univers refuse l'autarcie intellectuelle et le repli identitaire qui rend sectaire, obtus et réfractaire à tout changement. Le hadith dit sans équivoque : "La sagesse est l'objectif du croyant, là où il la trouve il est en priorité le premier à en être concerné" C'est dans ce cadre spirituel et conceptuel que j'ai décidé d'apporter ma modeste contribution à faire connaitre l'islam dans sa dimension de théologie de la libération. Il est faux de vouloir confiner l'islam dans une seule dimension car Religion de Dieu il ne peut être qu' un tout indivisible ou un ensemble de registres ontologiques, spirituels, sociaux, métaphysiques, symboliques indissociables de son cœur : le Thawhid ou le monothéisme pur et parfait. Le Thawhid est le droit d’Allah sur Ses serviteurs et la raison pour laquelle Il nous a créé. En effet, Allah dit : {Et je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent } ad dariyat 56 « Le droit d’Allah sur Ses serviteurs est de L’adorer sans rien Lui associer… » {l’homme ne récoltera que les fruits des efforts qu’il aura lui-même déployés et qui seront appréciés à leur juste valeur} an najm 40 {Aucune âme ne peut quitter cette vie sans la permission de Dieu et en dehors du terme fixé. Celui qui recherche sa récompense dans ce monde, Nous la lui accorderons , celui qui désire obtenir la sienne dans la vie future, Nous la lui accorderons. Mais Nous traiterons avec faveur les âmes reconnaissantes.} Al-i'Imran - 145. {Quiconque désire cultiver le champ de la vie future, Nous ferons prospérer son labour. Quiconque désire cultiver uniquement le champ de ce monde, Nous lui en donnerons quelques miettes, mais il n’aura aucune part dans la vie future.} Ash-Shura - 20. Le Tawhid prend sa source dans cette déclaration de foi la plus légère en terme de mots mais la plus lourde en terme de sens ontologique, spirituel et existentiel : Négation du mensonge, du faux, de l'injustice, de la laideur, de l'illusion, de l'absurde et du Taghout puis affirmation de la vérité, de la justice, de la beauté, du sens, de l'absolu et de l'unicité de Dieu dans Sa Parole, Sa création, Sa décision, Sa Vérité. Quand on parle de théologie il faudrait peut être préciser que si on sait dans la langue française que Théo veut dire Dieu et logos veut dire discours quelle est la signification de théologie dans le lexique islamique : le discours de Dieu , le discours sur Dieu ou le discours pour Dieu? Dans l'Islam on s'appuie sur la parole de Dieu pour exprimer la volonté de Dieu sans que notre discours puisse se substituer à Dieu. On ne parle pas au nom de Dieu comme si on est dépositaire de Sa Science ou de Son Pouvoir mais on parle au nom de la connaissance que nous avons de sa Parole révélée et écrite dans le Coran : {Dis: "O gens! Certes la vérité vous est venue de votre Seigneur. Donc, quiconque est dans le bon chemin ne l'est que pour lui-même; et quiconque s'égare, ne s'égare qu'à son propre détriment.} Younès 108 Cette connaissance reste limitée par l'étendue de notre science, de notre sensibilité religieuse, de notre conscience sociale et de notre expérience de la vie. Notre connaissance peut être étendue mais se tromper de cap et devenir une aliénation vis à vis de sa propre passion ou du pouvoir qui nous instrumentalise en nous manipulant ou en rémunérant comme des fonctionnaires de la bigoterie. Quand le musulman dit "Bismillah" celà ne signifie pas au nom de Dieu dans le sens de discours au nom de Dieu mais de vigilance de la foi qui rappelle à chaque action que l'homme accomplit, et devant chaque besoin satisfait que Celui qui a accordé le potentiel de cette action et la satisfaction de ce besoin est Dieu le Bienfaiteur. On peut me reprocher de faire un amalgame entre l'islam et le christianisme qui utilise ce terme de théologie. En arabe je peux dire Kalamou Allah ou discours de Dieu ou théo logos en grec et théologie en langue française. La définition encyclopédique de théologie est pourtant la véritable réponse qui convient à l'islam : "Science de Dieu, de ses attributs, de ses rapports avec le monde et avec l'homme". Quand on lit cette définition de la théologie on ne peut qu'y retrouver les Maqasad al Qoran. Les objectifs fondamentaux du Coran sont la connaissance de Dieu, de Ses Attributs divins, de Ses Saints Noms (asmaou Allah al hosna) et du lien entre Dieu et la création du monde et la création de l'homme. Tout le discours coranique est centré sur Dieu qui se fait connaître à l'homme, sur le monde, le monde dans sa création et le monde après le jugement dernier, le discours sur les civilisation passées et le discours sur l'homme. Le discours sur l'homme est un discours qui englobe sa création, sa mission, sa vocation, son devenir, sa morale, sa foi, son statut de Prophète, son statut de croyant ou de négateur, sa liberté, son libre arbitre. Le discours coranique insiste sur les valeurs fondamentales qui sont la justice et la libération de l'oppression et le combat entre le bien et le mal. Il me semble que le terme théologie est plus large que le terme religion, religare, qui est la relation entre l'homme et Dieu. Même dans sa restriction sémantique la religion islamique ne peut être réduite uniquement à la pratique de rites ou à une croyance vague sans vie spirituelle et sans vie sociale et politique. L'islam refuse que sa religion soit connue et pratiquée uniquement par héritage familiale, culturelle ou sociale. {Lorsqu’on dit aux infidèles : «Conformez-vous à ce que Dieu a révélé !», ils rétorquent : «Non ! Nous devons plutôt nous conformer à ce que nous ont légué nos ancêtres !» Eh, quoi ! Les suivraient-ils même s’ils manquaient de discernement, même s’ils étaient dans l’erreur?} Al-Baqara 170. {Lorsqu’on leur dit : «Conformez-vous à ce que Dieu a révélé et à l’avis du Prophète !», ils rétorquent : «L’exemple de nos ancêtres nous suffit !» Quoi ! Et si leurs ancêtres étaient totalement ignorants et vivaient en plein égarement?} Al-Maidah 104 La connaissance de l'islam peut donner des musulmans comme elle peut donner des orientalistes, des islamologues qui maîtrisent les concepts et les mots mais qui n'ont ni foi ni amour pour l'islam et ses valeurs. On peut réduire la religion à un floklore ou à un système de rentes et ainsi donner le primat des "pharisiens" des "clercs" et des bigots sur la pratique de la foi. Tout le système routinier et rentier est dénoncé par le Coran : {Es-tu venu nous dire, répondirent-ils, de n’adorer que Dieu seul et de renoncer à ce qu’adoraient nos pères?} Al-A'raf - 70. Tous les réformateurs se sont trouvés confrontés à l'hostilité face au changement qui fait perdre les privilèges, la paresse et fait assumer des responsabilités nouvelles : { «Ô Sâlih !, répondirent-ils, tu étais jusqu’ici l’objet de nos espérances. Vas-tu à présent nous interdire d’adorer ce que nos pères adoraient? En vérité, nous avons des doutes troublants au sujet du culte auquel tu nous invites !» } Hud - 62. {Il n’en est rien. Ils disent seulement : «Nous avons trouvé nos pères attachés à ce culte et nous suivons leurs traces.» Il en a toujours été ainsi. Nous n’avons jamais envoyé, avant toi, un messager pour avertir une cité sans que ses habitants les plus opulents lui aient dit : «Nous avons trouvé nos pères attachés à ce culte et nous suivons leurs traces.»} Az-Zukhruf 22. Sur le rapport entre théologie et changement il faut apporter une précision de taille : l'islam est une théologie dont le logos est un discours de changement car le changement est inscrit dans la Sunna de Dieu. Tout doit changer, dans le sens d'évoluer, sous peine de périr ou de se corrompre. La vérité, sur les tribunes politiques et sur les livres des bibliothèques ou sur les lèvres des conférenciers et des sermons d'imam on doit faire preuve de vigilance et de lucidité. Tout discours"islamique" n'est pas forcément un discours de dynamique sociale et politique, un discours de changement. Certains discours ne sortent pas de l'interprétation au nom du changement ou au nom de la seule interprétation. Ces discours sont bien admis car ils entretiennent l'apologie du passé, l'examen des faits sans leur apporter ni solution ni invitation à chercher la solution si l'auteur à la courage de se présenter comme n'en possédant aucune solution relevant de sa compétence. Souvent les auteurs n'ont pas ce courage car ils n'ont pas le sens de la responsabilité du changement et encore moins le devoir d'en parler. Les circonstances de la vie les ont mis dans une situation qui leur permet, volontairement ou par ignorance, de l'illusion d'une communauté islamique qui n'existe nulle part et dont l'émergence n'est pas la préoccupation de ces auteurs. Malek Benabi les désignent sous le terme d'auteurs d'expression ou d'interprétations sans plus. Ceux qui veulent le changement sont moins nombreux et ont grande difficulté à communiquer la nécessite de changement car il ne trouve pas dans l'assistance des partisans à l'effort et s'il en trouve il est difficile de les mobiliser sans s'exposer à la répression d'abord menée par les siens ensuite par les forces occultes du colonialisme ou du despotisme qui sont opposés au changement, à toute idée de changement et à tout discours qui réveille les consciences. Malek Bennabi appelle ces auteurs de conscience qui parlent aux consciences pour réaliser les changements sociaux, politiques, psychologiques et culturels qui conduisent à la libération en passant de l'interprétation simpliste à l'action complexe et coordonnée. La communauté doit se hisser au sens de ses responsabilités : les élites conscientes doivent essaimer et imposer les plus conscients et les plus compétents pour se réapproprier le logos islamique qui est un verbe de changement, une théologie de libération. Quelque soit la manière de comprendre le terme théologie il ne peut, en Islam, y avoir une association avec une quelconque contrainte mais une voie de dialogue, d'argumentation et d'intime conviction qui donne à la liberté sa signification la plus large même si en Islam le mot liberté tant chanté par la littérature occidentale n'a pas d'équivalent dans la langue coranique. Le mot liberté est certes, beau car il a été embelli par la rhétorique occidentale tant politique que philosophique.L'islam plus proche de l'humain dans tous ses registres ontologiques et sociaux est plus réaliste et plus authentique en parlant "d'interdiction de contrainte". La différence n'est pas seulement lexicale mais sémantique et philosophique. Seul Dieu a la compétence de savoir que le terme liberté est à proscrire du lexique coranique car la liberté perdrait sa signification humaniste pour devenir mythologique et finir sur les autels de l'Occident comme idole au nom de laquelle les hommes libres seront asservis et les colonisateurs imposeront leurs valeurs et leur sémantique aux opprimés de la terre. On ne trouve pas aussi le terme démocratie car Dieu savait l'usage que les dominants allaient faire de ce terme : une idole d'asservissement des "citoyens" qui va leur dicter de faire désigner leurs fétiches qui les ont déjà aliénés en les rendant non plus maîtres de leur destin et serviteurs de leur liberté mais esclaves du spectacle médiatique et de l'appartenance partisane chauvine et sectaire. La démocratie est une idolâtrie moderne, un Taghout dont il faut se libérer pour se libérer de la tyrannie de l'argent, des médias, du pouvoir raffiné, des sophistes et de l'ordre mondial inique et impérialiste. La libération signifie le refus de la contrainte sous toutes ses formes : {Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement.} al-Baqara 256{Si ton Seigneur l'avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est- ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ?} Younès 99 Toute la théologie islamique de libération dans le sens de discours de Dieu au sujet de l'interdiction de soumettre l'homme à une quelconque contrainte et de lutter pour que toute contrainte qui pèse sur sa capacité à choisir, à juger, à dire ou à agir soit levée par la parole, la loi ou la force. La liberté de l'homme passe nécessairement par cette dialectique de la parole, du comportement et de l'action militante : négation de l'oppression et de l'oppresseur et affirmation de la négation de l'oppression et de l'oppresseur en l'occurrence la libération et le libérateur. Le Prophète (paix sur lui) dit dans sa lettre au Gouverneur romain Héracles : "Je vous invitent à accepter l'Islam. Si vous acceptez l'Islam, vous trouverez la sûreté. Si vous acceptez l'Islam, Allah vous donnera une double récompense. Cependant, si vous vous détournez, sur vous tomberons les péchés de vos sujets.". Ce texte historique ne comporte aucune déclaration de guerre ou de volonté de conquête colonialiste mais l'expression du devoir du musulman de transmettre sa vérité et de la faire entendre sans rencontrer obstruction, obstacle, intimidation ou menace. Une fois le message transmis, ceux qui l'ont entendu peuvent argumenter, croire ou continuer à être incroyants. L'islam va plus loin encore que la liberté et la non contrainte en posant le problème de fond qui mine la liberté c'est l'injustice. Toute la théologie islamique de libération est un discours sur la justice et l'équité ses contradictions l'injustice et l'iniquité. L'islam sait que la loi divine peut accorder la prospérité à une nation incroyante mais fondée sur la justice et l'éthique comme il peut priver de prospérité une nation qui se dit croyante mais qui ne pratique ni la justice ni l'équité ni la morale. Tel est le discours de Dieu : {Nous avons fait prendre aux fils d’Israël l’engagement de n’adorer que Dieu, d’être bons envers leurs père et mère, leurs proches, les orphelins et les pauvres , de tenir des propos bienveillants aux gens, d’accomplir la salât et de faire la zâkat. Mais, à l’exception de quelques-uns d’entre vous, vous avez fait volte-face et vous vous êtes dérobés. Mettre l'accent uniquement sur l'aspect théologique peut faire peur ceux qui confondent clérical et religieux, religiosité et islamité, Dessein de Dieu et dessein de l'homme qui instrumentalise la religion en utilisant un discours religieux, théologique. Cette dérive tous nous la retrouvons chez les officiels qui parlent au nom de l'islam mais qui dans les faits défendent les intérêts du Taghout Étymologiquement s'impliquer, implicare, signifie rentrer dans les plis. L'implication est un travail de sédimentation dans les limbes, dans la conscience qu'il est difficile voire impossible de décaper. L'implication dans la résistance génère ce qu'on appelle la culture de la résistance, la culture du refus. La culture n'est pas du folklore mais une ambiance de vie, un système de valeurs, une représentation du monde et un rapport à soi et aux autres. L'islam est praxis car il exige une action qui s'appuie sur un corpus théorique, le Coran et la Sunna du Prophète, et qui s'évalue par rapport à des référents idéologiques en l'occurrence le Coran et la Sunna qui enseignent l'art de fixer les priorités, le licite du non licite, le vertueux du pervers, l'utile du futile, l'efficace du vain. Toute praxis s'inscrit dans ce que l'islam recommande à une action ou à un projet : la pertinence ou adéquation spatiale, l'opportunité ou adéquation temporelle, l'efficacité ou obtention des résultats sans gaspillage des ressources, la cohérence et enfin la maturation. L'islam refuse le statut quo et l'inertie, il veut une dynamique sociale, intellectuelle et culturelle pour être toujours à l'écoute du monde et prêt à agir pour changer et faire changer les choses. Il veut changer non seulement les rapports sociaux de production mais les rapports idéologiques et les rapports de force pour que les rapports humains soient subordonnés à la morale et au sens. Celui qui a accomplit le Hadj, le pèlerinage, reste marqué par la dynamique des rites. Tout est mouvement et épreuve. Celui qui lit et médite la sourate al Hadj il voit qu'effectivement elle a un style rapide et elle passe d'un thème à l'autre comme une vie qui s'écoule sans repos d'un état à l'autre. La sourate al Hadj comme le pilier de l'islam al Hadj ont pour finalité la préparation à l'épreuve et au Jihad. C'est cette sourate qui va donner la permission aux musulmans de prendre les armes et de résister par la violence alors que lors des temps antérieurs il demandait une résistance passive (par le cœur) et pacifique (sans riposter à la violence) : {Toute autorisation de se défendre est donnée aux victimes d’une agression, qui ont été injustement opprimées, et Dieu a tout pouvoir pour les secourir. Tel est le cas de ceux qui ont été injustement chassés de leurs foyers uniquement pour avoir dit : «Notre Seigneur est Dieu !» Si Dieu ne repoussait pas certains peuples par d’autres, des ermitages auraient été démolis, ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où le Nom de Dieu est souvent invoqué. Dieu assistera assurément ceux qui aident au triomphe de Sa Cause, car la force et la puissance de Dieu n’ont point de limite.} al hadj 39 L'islam est la praxis de libération de l'humanité car il est, en plus de tout ce qui vient d'être dit, le seul système qui reconnaît la différence des hommes et et institutionnalise le droit à la différence comme volonté de Transcendance donc un droit sacré. Le sacré au contraire du profane est indiscutable. Il n'y a ni dictature du prolétariat ni dictature de classe ni utopie de l'égalitarisme ni perversité de la discrimination raciale. La négation de la différence crée un système pervers par son aspect idéaliste ou par son aspect négligent et méprisant l'homme dans sa dignité et dans ses aptitudes. Le refus de la différence engendre l'indifférenciation même si la doctrine officielle parle d'égalité des droits et des chances : { Nous avons rendu tout homme responsable de sa destinée et, le Jour de la Résurrection, Nous lui présenterons un livre qui sera, sous ses yeux, étalé. } Al-Isra - 13. {Iil sera demandé compte à l’homme de ce qu’il aura fait de l’ouïe, de la vue et du cœur.} Al-Isra - 36. La responsabilité est faire le bien en contre partie des bienfaits divins et faire le bien comme moyen de bénéficier de ces bienfaits. La plus grande responsabilité est la gratitude envers le Bienfaiteur. Le plus grand bienfait est d'être amené par la foi à exprimer sa reconnaissance par la dévotion et par l'acte de bien envers soi même et envers l'humanité : {Dieu vous a fait naître du sein de vos mères , dénués de tout savoir, et vous a donné l’ouïe, la vue et l’intelligence. Afin qu'envers Lui vous serezreconnaissants} -Nahl - 78. Dans cette triple dimension de théologie, de mystique et de praxis l'islam ne peut resté confiné dans un espace privé ou dans la seule intimité du cœur comme les négateurs veulent qu'il soit. Il ne peut rester confisqué par les institutions de non droit ou par les manœuvres politiciennes manipulatrices qui ont profit à maintenir les musulmans en marge de l'histoire du monde. L'islam repensé mais non "réformé", l'islam réactivé mais non "épuré", l'islam réapproprié par l'humanité et non confisqué par les "clercs" est le socle d’une idée universelle de citoyenneté fondée sur la justice, le droit à la différence et l'éthique. Il ne peut se résumer à n'être qu'une idée enfouie dans un livre ou dans le cœur d'un croyant. Sa vocation est de réaliser la communauté de foi qui ordonne le bien et interdit le blâmable et qui prend en charge la libération des opprimés et la réalisation de la fraternisation humaine et de la promotion de communautés humaines régies davantage par l'éthique et conscience sociale que par les lois arbitraires des dominants et des nantis. s'inscrire dans une communauté de foi agissante, construire son émergence ontologique, politique et idéologique en public et dans le présent du monde; enfin s'inscrire dans le futur des générations à venir comme un devoir de mémoire et de leg d'héritage dans la contiguïté des destins et c'est pour cela qu'il doit reprendre à son compte l’initiative historique qui transcende la finitude de l'homme et son animalité. L'islam théologie, mystique et praxis est chemin de libération et école de formation des libérateurs tels que Rib’î Ibn ‘Amr, un homme ordinaire parmi la communauté musulmane naissante, qui a trouvé le courage et l'inspiration de dire à Rostom le général perse avant l'engagement des troupes musulmanes contre les troupes impériales perses dans la bataille de Qadissiya : « Dieu nous a envoyés afin de libérer qui Il veut de l’adoration des créatures pour les mener à l’adoration du Créateur, de l’étroitesse de cette vie à sa largesse, de l’injustice des hommes à la justice de l’Islam. » La bataille livrée malgré le rapport des forces en faveur des perses témoigne que l'Islam est vainqueur de toutes les batailles si et seulement si les combattants livrent bataille avec la sincérité de servir la cause de Dieu (le triomphe de la vérité contre le mensonge, le triomphe de la liberté de parole contre l'arbitraire des despotes qui imposent le silence, le triomphe de la foi contre la négation de Dieu, le triomphe des libérateurs des peuples opprimés, le triomphe des droits de l'homme). Toute bataille livrée pour des intérêts mondains, pour le nationalisme sectaire ou pour le prestige personnel est condamnée à l'échec. Ceci est vrai que la bataille relève du militaire, de l'idéologique, du culturel ou de l'idéique. Dieu a voulu que l'Islam soit symbole de sacrifice et non instrument de rente. Aboul Hassan An-Nadwî dans son commentaire sur la phrase illustre qui a inscrit Rib’î Ibn ‘Amr d'être anonyme en symbole historique dit une vérité sur laquelle on ne peut, musulman et non musulman, passer outre : "Rib’î a parlé du but pour lequel les musulmans s’étaient déplacés et du fait qu’ils étaient venus libérer les hommes : telle était effectivement sa conviction. Mais ce qui m’étonne le plus est cette partie du message « sortir les hommes de l’étroitesse de cette vie et les mener à sa largesse ». Il aurait dit « les mener à la largesse de la vie de l’au-delà », cela ne m’aurait pas surpris. En effet, chaque musulman sait que la vraie vie est celle de l’au-delà, et Rib’î faisait partie de cette génération exceptionnelle dont la foi sur l’au-delà était immense. Mais non! Rib’î n’a pas parlé de l’au-delà mais de cette vie! De cette manière, Rib’î disait à Roustem que les musulmans n’étaient pas sortis de la péninsule arabique pour s’enrichir et prendre aux perses leurs richesses matérielles. Mais plutôt les musulmans eurent pitié de leurs frères en humanité. Ils eurent pitié des perses qui leur paraissaient être emprisonnés dans une cage : la cage des désirs, des passions, du poids des traditions." Nous pouvons diverger sur le plan de la praxis sociale et politique, sur les confréries et la mystique et même sur le mode de lecture théologique du Coran car nos esprits comme nos cœurs sont différents par l'expérience de vie, l'intelligence, l'environnement. Nous n'avons pas le droit de diverger sur le plan de la foi et de la finalité de notre existence. Nous n'avons pas le droit de diverger sur les valeurs morales. Nous n'avons pas le droit de diverger sur l'oppression et la colonisation. Le droit à la différence est inscrit dans la nature, dans nos gènes et dans nous coeurs. Toute la diversité qui s'offre à nous n'est pas vaine, elle s'intègre dans un panorama harmonieux pour témoigner de la sagesse divine qui a voulu que rien ne soit unique mais pluriel: {Ne vois-tu pas que Dieu fait tomber du ciel une eau par laquelle Nous faisons sortir du sol des plantes qui donnent des fruits de couleurs différentes? Et dans les montagnes aussi, il y a des stries de diverses couleurs, blanches et rouges aux tons variés, ainsi que des roches d’un noir foncé. Sont également de couleurs différentes les hommes, les animaux et les bestiaux. Et c’est ainsi que, de tous les serviteurs de Dieu, seuls les savants Le craignent véritablement.} Fatir 27 {Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez connaissance entre vous. En vérité, le plus méritant d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux} Al-Hujurat - 13. Le cadre générale pour comprendre le monde, les hommes et leurs problèmes est le Coran {Nous n'avons rien omis d'écrire dans le Livre.} al anâam 38 {Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allah et en Son Messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d'Allah. Ceux-là sont les véridiques} al houjourat - 15 Notre modèle de foi et de lutte est bien entendu Mohamed (saws) imam des Prophètes : {Il y a, à coup sûr, un enseignement dans l’histoire des prophètes pour les hommes doués d’intelligence. Ce Livre n’est point un récit inventé de toutes pièces, mais il est une confirmation des Écritures antérieures, un exposé détaillé de toute chose, une bonne direction et une grâce pour ceux qui croient en leur Seigneur. } Yusuf - 111. Mohamed (saws) a tracé notre chemin : "Vous n'aurez point la foi tant que vous n'auriez pas inspiré aux autres l'amour de la vérité". Il nous a invité à cherché cette vérité même au bout du monde et que celui qui se met en quête de la vérité est semblable au Moujahid fi sabil Allah. Cette vérité nous la chercherons inchaallah et nous la partagerons avec nos frères en foi, sunnites ou chiites, avec nos frères en monothéisme, chrétiens ou juifs, et avec nos frères en humanité, agnostiques et laïcs. Il nous a invité à cherché cette vérité en démasquant le Taghout sous toutes ses formes. L'idolâtrie moderne polythéiste a plusieurs religions : la monolatrie du marché capitaliste, la technocratie, le scientisme, l'économisme, la volonté de puissance et de domination, le jacobinisme républicain, la rente et les idéologies matérialistes et cyniques.
Zine el Abiddine Omar Mazri {jcomments on}
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